Géronimoooooo !

[Review] SSX 2012 – Renaissance réussie

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La sortie du jeu remontant à il y a déjà plus de trois mois, ne s’accordant d’ailleurs pas du tout avec la saison hivernale – allez comprendre, on parlera plus d’une review que d’un test. Une review sérieuse d’ailleurs, faudrait pas que je passe pour le comique de service avec tous ces articles anecdotiques… Avant d’aller plus loin, il convient de te présenter à toi, petit noob, ce qu’est la saga SSX (bien que je doute qu’un seul joueur actuel ne sache pas ce dont il s’agit). SSX c’est donc une série de jeux de snowboard (parfois de skis, mais on peut se la péter tellement moins) ne se prenant absolument pas au sérieux…  Les objectifs à accomplir diffèrent, les modes de jeux sont bien souvent farfelus et donnent presque toujours lieu à des contorsions physiques proches de l’extraterrestrement faisable.

Que l’on s’entende bien, se jeter à 2000m de hauteur avec pour seul protection une planche en bois, s’amuser à faire des 5060° en l’air, réaliser un triple back flip (je ne sais même pas si ça existe) en un quart de seconde, non je n’appelle pas ça du réalisme. Et c’est bien ce qui fait le succès de la franchise : toujours plus impossible, toujours plus fou, c’est le fun que les réalisateurs ont privilégié jusqu’à présent.

Depuis l’an 2000 des joueurs du dimanche se prennent pour des dieux alors qu’ils ne seraient juste même pas capables de tenir debout sur une véritable planche, les épisodes se sont enchaînés apportant de manière régulière leur dose d’amusement à tous ces drogués de l’arcade (au sens nouveau du terme). De SSX à SSX On Tour en passant par Tricky et Blur, chaque épisode était l’occasion de faire les petits fous sur des pistes parfois très longues tout en oubliant que des missions (barbantes) demandent à être accomplies. Le premier constat que je ferai, c’est que cette version 2012 s’est profondément éloignée de ses prédécesseurs en terme de gameplay, mais en conservant l’amusement que tout fan attendait.

Ne serait-ce que sur les pistes, et ce sera un de mes seuls reproches je pense : nombreuses, certes, mais trop courtes et peu variées. Evidemment avec un nombre comme 153 pistes, on est prêt à tout pardonner, mais quand on voit que 1 à 3 minutes sont suffisantes pour les parcourir, ça refroidit légèrement. De plus, par peu variées, il faut comprendre qu’à chaque environnement (chaque continent), les décors et obstacles resteront les mêmes. On ne décèlera que quelques arbres bougés, un ciel plus couvert ou des trous agrandis, mais rien qui ne permette véritablement de démarquer les unes des autres. C’est vrai, je grossis le trait mais on en est pas si loin. Par contre, une chose que j’apprécie : les pistes sont cohérentes dans le sens où 3 pistes courtes forment en fait une seule et même grande piste que l’on peut parcourir dans son intégralité. Considérons ça comme le seul véritable défaut que j’aurai à prononcer, et encore, j’ai un peu de mal à parler de frustration tant on oublie ce qui n’apparaît finalement que comme un détail en comparaison du plaisir éprouvé.

Tu peux pas test !

Et oui, parce qu’en terme de gameplay, c’est du bonheur en barre. J’ai pu lire ça et là qu’on reprochait largement à ce SSX d’être trop simple. C’est pas faux. Mais pas vrai pour autant. En effet, pour ce qui est de la prise en main pure et dure, le jeu est très assisté à tel point que les figures finissent par sortir en faisant tout et n’importe quoi sur son joystick (par n’importe quoi, je m’entends, pas de pensées malsaines). Le noob que vous êtes sera sans aucun doute émerveillé et se prendra pour un dieu, il en faut peu pour être heureux n’est-ce pas ? Cependant, pour peu que l’on se donne le temps de connaître les pistes et d’apprendre l’ensemble des techniques, il y a moyen d’aboutir à un résultat un peu moins bordélique à l’écran, plus prolifique en terme de score (et je peux vous garantir que la majorité de l’intérêt du jeu repose sur l’idée de scoring) et terriblement plus gratifiant sur le plan personnel. Ce n’est pas ça qui rend le jeu plus difficile, mais c’est bien ça qui rajoute en intérêt. Concernant la difficulté, elle n’est en soit jamais présente mais des éléments viennent corser l’affaire et si on le cherche, il y a moyen de rendre l’aventure intéressante en n’utilisant aucun accessoire par exemple, le challenge finit par pointer de bout de son nez.

En parlant d’accessoires, c’est un peu la grosse nouveauté de cet épisode. Ce SSX se pare en effet de toute une gamme d’apparats à l’utilité plus ou moins discutable. Allant des lunettes thermiques dont on ne saisit pas bien la portée, à la lampe torche salvatrice dans les pentes sombres du Kilimandjaro en passant par des ailes qui vous permettent de toucher les anges quelques secondes, ce ne sont plus des sportifs que vous dirigez mais bien des héros de RPG qui planquent dans leur sac-à-dos 952 orteils de kangourous et 810 pierres précieuses. Bon au début j’ai pas bien compris l’intérêt mais balancé sur les pentes de la mort ou s’arrêter net n’est pas toujours possible, j’ai mieux saisi la chose dira-t-on… Au fond du précipice… Ah et tant que j’y suis, je l’ai déjà dit, on incarne des Dieux du sport. Mais je n’aurais jamais cru que des Dieux du sport pouvaient revivre. Finalement j’ai un second bémol à apporter au jeu. Les rewinds, action permettant de remonter un certain nombre de secondes dans le temps, viennent faciliter désagréablement l’expérience. Evidemment, rien ne m’oblige à les utiliser, mais bon c’est assez dommageable. Il faut chercher ailleurs pour trouver le challenge.

Et ce ailleurs, c’est dans le multi-joueur qu’on le retrouve. Que ce soit clair, si vous prenez ce SSX pour son solo, la déception sera à la clef. Si on achetait un SSX On Tour en sachant que l’on aurait peu souvent l’occasion de s’éclater avec un ami, il y avait quand même moyen de prendre son pied avec la tonne de défis. Ici, si vous n’avez pas moyen de brancher votre console au jeu en live, oubliez. Le véritable challenge provient du multi et tout est là pour vous le faire sentir. 2/3 des modes de jeux se font en ligne, le solo n’est qu’un prétexte, un tuto presque pour ensuite entrer dans l’arène. Et une fois dedans, des doigts et nerfs vous lâcheront par dizaine… Bon peut être pas des dizaines. Mais l’idée est là, dans l’unique but de faire mieux que votre pote qui a fait 1:13:55 sur une piste, vous recommencerez 65 fois (et là je déconne pas) jusqu’à atteindre le fameux 1:13:54 histoire de se la péter quelques heures, le temps que ce record soit de nouveau battu. Pour vous donner une idée, j’ai joué près de 15h uniquement dans le mode exploration à essayer de battre des records avant de penser à me lancer dans le solo. Et quand vous avez enfin maîtrisé tous vos potes et survolé le solo pas bien résistant, on se décide à tenter le « vrai » multi, celui qui vous opposera au reste de la planète. Il n’y a pas de course comme on pourrait l’espérer avec 8 joueurs simultanément démarrant au même moment. On est en fait opposé aux fantômes d’autres joueurs qui ont tous décidé de participer à une même compétition. Ces compétitions proposent des seuils (diamant, or, argent…) calculés en fonction des performances des gamerz (je sais, ça le fait), à vous d’atteindre ces fameux seuils. Même principe que le mode exploration, toujours autant de pouces cassés, on prend son pied, et c’est bien tout ce qu’on demandait.

Géronimoooooo !

Histoire que cet article prenne un peu plus la forme d’un « test » traditionnel, me voilà bien obligé d’aborder d’autres points que le gameplay. Mais rassurez-vous, je vais faire court, je vais faire bien, j’suis comme ça moi. Déjà, le jeu est beau. Il ne pète pas la rétine comme l’exige la course aux graphismes que se font les producteurs aujourd’hui, mais m’a amplement satisfait. Des effets climatiques réussis, une fluidité à toute épreuve (jamais de baisse de frame-rate, jamais d’aliasing, jamais de clipping, du pur bonheur), le jeu se permet même de donner une excellente impression de vitesse. Là où un Mario Kart vous indique que vous roulez à 70km/h et que vous êtes pourtant persuadé de dévaler le circuit au pas de marche, SSX ne trompe pas sur la marchandise : les 230km/h annoncés sur l’écran, vous les faites vraiment. Ensuite, musique ! On dira que je ne suis pas trop fan du genre (Drum&Bass, ça passe, Dubstep un peu moins), MAIS ça colle parfaitement à l’ambiance du jeu et certaines tracks sont très bonnes. Il y tout de même un lot de musiques que vous passerez ou désactiverez intentionnellement, genre ce gros bizutage d’oreilles offert par l’ami Skrillex (que je ne pouvais pas écouter déjà avant la sortie du jeu). Pour terminer, minimoyt sur « la durée de vie » – je déteste cette expression, c’est pas parce qu’on a arrêté de jouer que le jeu est mort- qui est somme toute plutôt bonne à condition, encore une fois, que vous ayez accès au live. Et si vous êtes plutôt chiffres, disons que j’y ai passé près de 40h (et je le relance encore de temps à autres).

Bien bien bien. Je sais que ça fait des sacrés pavés de textes, que les testeurs pros peuvent aller se rhabiller, mais j’espère avoir été aussi clair que possible pour cette première review. SSX 2012, c’est un bon jeu sur lequel on prend vraiment du plaisir. Cependant il faut pallier avec l’obligation de jouer en ligne. Et pour que ça soit clair dès maintenant, je ne suis pas fan des notes (n’y voyez aucun traumatisme, j’étais un élève hors-pair), donc je me contenterai des différentes expressions du chat pour résumer mon avis… Ouais…

Auteur : Kana

Sauve un bambou, mange un panda!

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